Finance

Un appui de la BAD incite le retour du Benin sur le marché international de la dette

La Banque africaine de développement (BAD) a accordé au Benin une garantie partielle de crédit estimée à 50 millions $. Selon des propos d’Akinwumi Adesina, président de la BAD, cet instrument permettra de « lever des fonds en devises sur des maturités longues auprès d’investisseurs internationaux, et qui seront exclusivement affectées à des dépenses éligibles dans des domaines liés aux Objectifs de développement durable des Nations unies »

Ce commentaire signale ainsi un possible retour du pays ouest-africain sur le marché international de la dette, malgré un contexte qui demeure défavorable pour les émetteurs souverains d’Afrique et une hausse des rendements attendus d’eux par les investisseurs.

«A travers ce soutien, le Bénin deviendra le premier pays à utiliser une combinaison unique de rehaussement de crédit pour un financement ODD», s’est félicité Romuald Wadagni (photo), le ministre béninois de l’Économie et des Finances. 

Un calendrier d’emprunt international n’a pas encore été publié par le gouvernement du président Patrice Talon. Mais il faudra négocier efficacement pour convaincre les investisseurs internationaux. Dans une analyse publiée en juin 2022 et dont l’Agence Ecofin a obtenu une copie, Moody’s estime que les risques de refinancement externe du pays restent faibles.

« En raison de la nature hautement concessionnelle de la dette publique extérieure du Bénin, qui a une longue échéance, étant principalement multilatérale et bilatérale. Nous prévoyons que la dette extérieure du Bénin restera à 30 % du PIB au cours des trois prochaines années », peut-on y lire. 

Mais les données de marché indiquent une attitude contrastée des investisseurs. Le premier Eurobond du pays émis en 2019 et qui arrive à maturité en 2026, affiche un rendement de 6,99% qui est assez proche du taux d’intérêt initial de 5,75%. Pour les autres eurobonds qui ont suivi, l’écart part de 4 à 5 points de pourcentage. Il existe donc une forte hypothèse, que les autorités béninoises s’en remettent une fois de plus à une stratégie ciblant des emprunts syndiqués avec en tête d’obtenir les taux les plus concessionnels possibles. 

Le pays est devenu, en 2019, le premier Etat africain à utiliser une garantie à l'appui de réformes pour accéder à des prêts commerciaux internationaux, en se servant de son accès ‘’bonifié pour l’opération” au guichet de l’IDA de la Banque mondiale, comme instrument de garantie partielle (40%). Le pays avait ainsi réussi à boucler sa toute première sollicitation du marché financier international, en levant 254 millions $ auprès du japonais MUFG et 127 millions $ chez Crédit Suisse, soit un total de 381 millions $. 

Le budget initial de cette année 2022, s’est fixé un objectif de plus de 645 milliards FCFA (environ 964 millions $) à mobiliser sur le marché des capitaux de l’UEMOA. Pour le moment, il n’en est qu’à environ 380 milliards FCFA (568 millions $) levés à deux mois de la fin de l’année, selon les compilations de l’Agence Ecofin. Là aussi les attentes des investisseurs en termes de rendement sur les obligations sont assez variées. 

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